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Dans mon chapeau...
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dvd
1 juin 2009

Un vaudeville qui aurait oublié d'être comique

3530941028964"L'attente des femmes" d'Ingmar Bergman,
avec Maj-Britt Nilsson, Eva Dahlbeck, Anita Bjork et Aino Taube

Une villa de plaisance au bord de l'eau, par un clair été suédois, quatre femmes attendent leurs maris - et une  cinquième, leur benjamine, son fiancé -, qui doivent arriver par le bateau de nuit, en provenance de Stockholm. Et pendant les longues et tranquilles heures d'attente, une fois les enfants couchés, ces cinq femmes partagent en confidence leurs attentes, leurs chagrins, leurs bonheurs et leurs déceptions, le temps d'autant de flash-back.

Premier succès d'Ingmar Bergman (en 1952), hésitant entre l'humour et la gravité, "L'attente des femmes" prend les allures d'un vaudeville qui aurait oublié d'être comique. Abordant ici quelques uns de ses thèmes récurrents - les relations conjugales et familiales avec leur cortège de tensions, frustrations et trahisons, mais aussi le poids des apparences qu'il faut préserver soigneusement -, Ingmar Bergman est pourtant bien loin d'atteindre avec ce film, irréprochable à tout point de vue, à l'intensité de certaines de ses oeuvres plus tardives: en bref, c'est intéressant mais quelque peu longuet...

"L'attente des femmes" est disponible, à prix doux, dans un coffret de deux DVD de la série "Les films de ma vie", où il est couplé avec "Les fraises sauvages".

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21 mars 2009

Suspense psychanalytique

18464061"Pas de printemps pour Marnie" d'Alfred Hitchcock,
avec Tippi Hedren et Sean Connery

Marnie Edgar change d'identité et de couleur de cheveux comme d'autres changent de chemise. Et il faut bien reconnaître que puisqu'elle gagne sa vie en dévalisant ses patrons successifs - elle semble tout simplement ne pas pouvoir agir autrement -, il vaut mieux pour elle qu'elle sache recouvrir ses traces... Mais lorsqu'elle est entrée comme comptable dans la maison d'édition de Mark Rutland, Marnie a trouvé plus fort qu'elle: un employeur qui n'a pas tardé à la percer à jour, en même temps qu'il tombait amoureux d'elle.

Avec ce suspense psychanalytique, Alfred Hitchcock a offert à Tippi Hedren et Sean Connery deux rôles magnifiques, fascinants par les zones d'ombre dont ils ne manquent ni l'un ni l'autre. Cela nous vaut des controntations mémorables entre les deux acteurs, alors que Mark-Sean tente d'amener Marnie-Tippi, qu'il a forcée à l'épouser par un chantage peu reluisant, à affronter les vieux démons qui ont fait d'elle une voleuse compulsive, affligée en outre d'une peur panique du rouge et d'un dégoût affirmé pour la gent masculine. Et si "Pas de printemps pour Marnie" reste bien loin des multiples rebondissements de "La mort au trousse" et de la tension de "Vertigo" ou des "Oiseaux", les remarquables prestations de ses deux interprètes en font un des très bons films d'Alfred Hitchcock. Et certainement un de mes préférés...

D'autres films d'Alfred Hitchcock, dans mon chapeau: "Les amants du capricorne", "Soupçons", "Mr and Mrs Smith", "Correspondant 17", "Sabotage", "Les 39 marches" et "Fenêtre sur cour"

28 décembre 2008

Un dîner teinté d'amertume

51AY04TXRNL__SL160_AA115_"Cuisine et dépendances" de Philippe Muyl,
avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri et Jean-Pierre Daroussin

La reprise de la première pièce d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri que j'avais pu voir il y a peu au Théâtre de Namur, dans une mise en scène de Daniel Hanssens, m'avait certes fait passé une soirée agréable - un réveillon avant la lettre -, mais je la soupçonnais de manquer un tout petit peu de mordant. Et l'envie m'était donc venue de comparer l'interprétation de Daniel Hanssens et de ses comparses avec celle de la bande à Agnès Jaoui - Jean-Pierre Bacri.

C'est à présent chose faite grâce au DVD du film réalisé en 1992 par Philippe Muyl. Le ton y est moins bonhomme, plus sérieux, et - toutes proportions gardées car cela reste une comédie - teinté d'amertume voire même d'une pointe de tragique. Et pour être honnête, j'ai trouvé d'avantage de saveur à ce dîner de haddock brûlé et trop salé dans sa version plus amère... Même si ce premier opus du tandem Jaoui-Bacri n'est pas à mes yeux le plus abouti et si je continue à lui préférer "Un air de famille" et peut-être plus encore "Comme une image".

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