01 septembre 2010

L'envol de l'hirondelle

"När svalan i blixtrande flykt sig kastar mot himlen
och inne bland trädens skuggor de älskande ser
aftonen djupna och havet med tystnad mängas,
står i den milda brisen jordens mörker och väntar
nattens kyla. Tiden stillnar. Redan har någon
där bortom viken tänt sin lampa i fönstret. Snart
är åter en dag i det flyktiga livet över."

"Lorsque, dans les éclairs de sa fuite, l'hirondelle se jette
vers le ciel et qu'au coeur des ombres de l'arbre, les amants
voient le soir s'approfondir et la mer se mêler au silence,
les ombres de la terre attendent dans la douceur de la brise le froid
de la nuit. Le temps s'immobilise. Là-bas, par-delà la baie,
quelqu'un a déjà allumé sa lampe à la fenêtre. Bientôt,
encore un jour de passé dans la vie éphémère."

Bo Carpelan, "Dehors", Arfuyen, 2007, pp. 16-17 (traduit du Suédois par Pierre Grouix)

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09 juillet 2010

"Il était une fois une petite fille…"

"Neiges de marbre" de Mohammed Dib41WT3WJJR0L__SL500_AA300_
4 ½ étoiles

Editions de la Différence/Minos, 2003, 221 pages, isbn 2729114939

Histoire d’un couple mixte - elle est du Nord, lui vient du Sud - qui se déchire après s’être aimé, renvoyant un homme à son exil et sa solitude, "Neiges de marbre" referme la boucle tracée par Mohammed Dib dans les deux premiers volets de sa trilogie nordique: le long poème du déracinement et de la lente dissolution d’une identité dans "Les Terrasses d’Orsol" et le récit d’une passion amoureuse nouée par-delà l’ordre social et les distances géographiques et culturelles dans "Le Sommeil d’Eve".

Mais plus encore que le récit de la fin d’un amour entre un homme et une femme, "Neiges de marbre" est le récit d’un amour entre un homme et sa fille - une toute petite fille encore et déjà un redoutable petit bout de femme -, qu’il ne voit que trop rarement: l’enfant est élevée par sa mère et sa grand-mère dans leur pays, la Finlande, où le père, étranger, ne peut séjourner, à chacune de ses visites, que pour un temps limité. Par-delà les barrières imposées par la différence de langue et les longues séparations, ce troisième volume de la trilogie nordique est donc avant tout une plongée dans l’intimité complice d’un père et de sa petite Lyyl (prononcez Lûûl) aux yeux d’ambre, les jeux qu’ils partagent, les fous rires, les contes qu’il lui lit ou ceux qu’il invente pour elle.

C’est un bijou de poésie, de fantaisie et d’inventivité, où même le cabas de la grand-mère se métamorphose en chapeau de prestidigitateur, "Du même cabas, à présent, la vieille dame extirpe trois livres, trois albums dont Lyyl ne se sépare jamais. Impossible de garantir ce qu’on peut voir apparaître de ce cabas: deux douzaines d’œufs, sait-on, un bouquet de roses, sait-on, un dragon crachant des flammes, la lune peut-être; une chose à la suite de l’autre ou toutes ensemble à tout moment et toutes aussi impossibles." (p. 13), laissant penser que Mohammed Dib a pu être, aussi, un merveilleux auteur de livres pour enfants. Et surtout, c’est un livre tout de pudeur et de tendresse retenue, sans la plus petite trace de mièvrerie: magnifique et bouleversant, tout simplement.

Extrait:

"Mais ce qu’on dit, ce qu’on fait, c’est toujours une histoire, ce qu’on voit, ce qu’on est, une histoire qui n’en finit pas de se raconter elle-même. Dans leurs va-et-vient, les hirondelles se font aiguilles et elles cousent toutes seules l’histoire, je veux dire sans aucune main pour les tenir. C’est comme ça. Elles cousent, elles cousent. Si bien qu’on ne sait pas quand elles vont s’arrêter. Peut-être pas avant des heures, une heure après l’autre pour faire un jour. Et peut-être qu’avec leur fil invisible elles cousent les feuilles aux arbres, les maisons aux maisons, les nuages au ciel, elles cousent le monde, elles en raccommodent les trous, c’est leur dentelle. En attendant, elles cousent et rient entre elles." (p. 38)

D'autres livres de Mohammed Dib, dans mon chapeau: "Les Terrasses d'Orsol", "Le Sommeil d'Eve" et "Le coeur insulaire"

Mohammed Dib était l'auteur des mois d'avril et mai 2010, sur Lecture/Ecriture.

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02 juillet 2010

Métaphysique du quotidien

"Dehors" de Bo Carpelan,312CFlyAAbL__SL500_AA300_
5 étoiles

Arfuyen, 2007, 163 pages, isbn 9782845901025

(traduit du Suédois par Pierre Grouix)

C'est sans doute mon grand coup de coeur poétique de l'année écoulée que ce recueil, un des jalons les plus récents dans la déjà longue carrière de l'auteur finlandais – mais d'expression suédoise - Bo Carpelan. Voici donc un livre que j'ai pris, dévoré, déposé, repris, re-déposé et à nouveau repris, lu et relu maintes et maintes fois depuis l'été dernier, ne l'abandonnant que pour y revenir dès que les circonstances lui redevenaient favorables. Et ce n'est certes pas parce que la poésie de Bo Carpelan s'y révèle d'un abord difficile ou rébarbatif, mais bien parce dans sa clarté et sa transparence mêmes, cette poésie est d'une telle richesse qu'elle exige de son lecteur une vraie disponibilité de coeur et d'esprit pour n'en rien laisser perdre.

Les intentions déclarées de Bo Carpelan – "Ce que je cherchais, c'était une poésie claire, simple, portant l'empreinte d'une expérience et, dans sa clarté, sujette à plusieurs interprétations", une poésie "apparemment simple mais forte des bonheurs et des échecs de toute une vie" (p. 10) – dévoilent en effet au fil des pages de "Dehors" toutes leurs possibilités. Sa poésie se nourrit de menus faits de notre quotidien à tous, d'images on-ne peut-plus simples et concrètes – l'eau qui s'échappe en tourbillonnant par la bonde d'un évier, les feuilles mortes saupoudrant la pelouse – mais on y lit tellement plus que ce qui est écrit, et avec une telle évidence, que je n'ai pu m'empêcher de la rapprocher à plusieurs reprises de la poésie tout aussi métaphysique mais tellement plus abstraite de Roberto Juarroz. Mais rien ne sert que je continue à discourir plus longuement à son sujet, alors qu'elle parle si bien d'elle-même...

Extrait:

"Om man kunde vara lika öppen som ett sommarrum
där vinden osedd går och hallonsnårens sträva doft
i värmen stiger upp mot svalors lek och barnens –
om man kunde nöja sig med gräset, dagens distraktion,
och leva lite, ta till vara det som händer obeaktat,
i ekens lövverk någonting som rör sig, en känsla
av skymning mellan träden som tidigt fanns där.
Att utan oro veta hur de glada timmarna försvinner,
hur barnen gömmer sig, moln dyker upp, en båt
stöts up på viken, du vid årorna och jag på aktertoften."

"Si l'on pouvait être aussi ouvert qu'une chambre d'été où le vent
file inaperçu et où le parfum rêche du fourré de framboises se dresse
dans la chaleur vers les jeux des hirondelles et des enfants –
si l'on pouvait se contenter d'herbe, la distraction du jour,
et vivre un peu, profiter de ce qui arrive sans crier gare.
Dans le feuillage du chêne, quelque chose bouge, un sentiment
crépusculaire entre les arbres qui se trouvaient là de bonne heure.
Savoir confiant comment les heures du bonheur disparaissent,
comment les enfants se cachent, les nuages font surface, un bateau
accoste sur le bord de la baie, toi tenant les rames, moi sur le banc de nage."

(pp. 84-85)

D'autres extraits de "Dehors", dans mon chapeau: "Un jardin, un jour en juin" et "L'envol de l'hirondelle"

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18 juin 2010

Deux hommes et une femme, entre France et Finlande

"Le Sommeil d’Eve" de Mohammed Dib51TTM80EBZL__SL500_AA300_
4 étoiles

Editions de la Différence/Minos, 2002, 217 pages, isbn 2729114394

Deuxième étape de mes retrouvailles avec Mohammed Dib, auteur des mois d'avril et mai 2010 sur Lecture/Ecriture. Deuxième étape aussi de ma lecture de sa trilogie nordique...

Récit à deux voix d’une passion amoureuse – et d’ailleurs adultère - aux prises avec les obligations de la maternité et avec les lois implacables de la géographie et des différences culturelles, "Le Sommeil d’Eve" donne la parole tour à tour à chacun des deux amants: Faïna la Finlandaise et Solh l’Algérien. Ce deuxième volet de sa trilogie nordique offre donc à Mohammed Dib la possibilité de revenir, sur un mode sans doute plus facile d’accès, et certainement plus concret, sur quelques uns des thèmes abordés dans le premier volume de cette trilogie, "Les Terrasses d’Orsol": le déracinement bien sûr, dont nos héros installés en France font tous deux l’expérience, mais aussi l’incommunicabilité qui se manifeste à travers leurs deux récits, et leurs perceptions parfois contradictoires d’un même événement.

Mais parce qu’il est contraire à l’ordre, l’amour de Faïna et de Solh est aussi pour eux le temps d’une exploration de la part la plus sombre, animale, la part la plus sauvage de leur être: une exploration tout à la fois douloureuse et dangereuse, menant qux confins de la mélancolie la plus noire et de la dépression, et qui ouvre peut-être bien sur une voie sans issue, mais que Mohammed Dib pare ici de toute la poésie, tout le merveilleux inquiétant des rêves. Une exploration dont le seul fruit durable n’est peut-être rien d’autre que l’éclat d’une beauté inattendue, dans le sommeil de Faïna sous le regard de Solh: "Dans le sommeil, la beauté revient le mieux, le plus à soi, se montre le mieux, le plus à nu. L’état de veille lui est invariablement une torture. Ce n’est que dormant du sommeil d’Eve qu’elle s’abandonne aux mains de la joie. De sa joie." (p. 172)

Extrait:

"Jamais je n’ai eu plus l’impression d’être étrangère en ce monde, - inutile aussi, mal tombée. J’avais escompté que la naissance du bébé y changerait quelque chose. Rien de tel ne s’est produit. Au fur et à mesure qu’il grandit, je me prends à oublier qu’il est de ma chair. Je l’aime comme on aime un tendre petit animal sans protection, vulnérable. Mais sentir nos deux existences fondues comme au début, non, c’est fini. Nous formions alors une même pâte, nous n’étions que cette pâte. Une situation neuve pour moi, à l’époque, et qui me plongeait dans des abîmes d’étonnement, de trouble. L’arrivée d’Oleg, mes occupations à l’extérieur, le temps qui passe et ne se rattrape pas, ont accompli leur œuvre d’usure. Le fait sans doute aussi que Lex commence à manifester son indépendance, notamment par des cris aigus, tout à coup péremptoires. Il devient quelqu’un d’autre." (pp. 47-48)

D'autres livres de Mohammed Dib, dans mon chapeau: "Les Terrasses d'Orsol", "Neiges de marbre" et "Le coeur insulaire"

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01 juin 2010

Un exilé en perdition

"Les Terrasses d’Orsol" de Mohammed Dib5192TGFNH0L__SL500_AA300_
3 ½ étoiles

Editions de la Différence/Minos, 2002, 223 pages, isbn 2729114068

Né à Tlemcen en 1920, exilé en France dès 1959, Mohammed Dib s'est imposé à moi, dès la lecture des deux magnifiques recueils de nouvelles que sont "Au café" et "Le talisman", comme un des plus grands écrivains d'expression française au cours du siècle qui vient de se terminer. C'est donc avec plaisir que je l'ai retrouvé comme auteur des mois d'avril et mai 2010 sur Lecture/Ecriture...

Poussé par l’épreuve de la maladie et la dissolution de son mariage, le narrateur de ce premier roman nordique de Mohammed Dib s’est résolu à quitter Orsol, sa ville natale, "la grandeur de ces nuits lessivées de lune sur [ses] blanches et tranquilles terrasses! Et les effluves de jasmin, ces effluves qui les hantent comme un secret lancinant jusqu’à ce que déferle avec l’aube l’odeur nue, aérée du large. Souffles et parfums, ainsi que la violente risée de bonheur qu’ils vident sur la terre (…)" (pp. 87-88), et son poste d’enseignant à l’université – son récit ne se départit d’ailleurs jamais d’une pointe de préciosité et même de pédanterie, trace sans doute de son ancien emploi -, pour une mission de longue durée dans la ville lointaine de Jarbher. Sa nouvelle vie s’y était d’ailleurs ouverte sous le signe d’un enthousiasme sans faille pour la gravité bienveillante de ses nouveaux concitoyens, et pour l’atmosphère sereine de leur cité, au point que notre héros se laisse emporter à constater: "En fait hors de cet endroit, personne ne connaît la vie dans sa vérité, ni dans cette vie la joie de vivre." (p. 37)

Et pourtant… Quelque soit l’enthousiasme de notre guide, Jarbher ne semble pas pouvoir faire exception au proverbe selon lequel toute médaille doit avoir son revers. L’envers de la ville si ordonnée se révèle en l’occurence un véritable gouffre poussant son dédale sous ses rues, ouvrant sur la mer et ses flots grondants et peuplé de créatures étranges. Et à mesure que le temps passe et que les premiers mois d’apprentissage et de découverte cèdent le pas à une période de stagnation, à ce moment où le visiteur comprenant qu’il ne peut pas pénétrer plus avant l’esprit du lieu et de ses habitants, achoppe sur le caillou de l’incommunicabilité, cette face cachée s’impose comme une véritable obsession pour notre héros, et comme le révélateur des métamorphoses que subit sa personnalité, à chaque jour plus incertaine, sous les effets conjugués de l’exil et de la solitude.

L’argument des "Terrasses d’Orsol" est au fond aussi simple que cela. C’est le récit, sous une forme extrêmement élaborée et poétique, et que des commentaires de l’auteur - que seul  distingue l’usage de l’italique - viennent encore régulièrement recadrer, de la transformation d’un homme déraciné qui perd insensiblement ses repères, sa mémoire et, enfin, jusqu’à ce qui fait le cœur de son identité. Un récit allégorique où le lecteur finit, il faut bien l’avouer, par se perdre à son tour à mesure que ses fondements-mêmes - les émotions du héros et son expérience de l’exil - se trouvent dissimulés sous les voiles d’une songerie de plus en plus fluctuante, noyée de métaphores et de symboles au sens de plus en plus incertain. C’est un récit, enfin, dont la conclusion, brutale et hallucinée, laisse penser que l’auteur lui aussi en a quelque peu perdu le fil, nous livrant, plutôt qu’un roman dans les règles de l’art – et qu’y a-t-il d’étonnant à cela puisque Mohammed Dib était aussi poète, et peut-être même était-il poète avant d’être romancier? -, un long, un très long poème, reflet d’une expérience si personnelle, intime et incommunicable qu’elle ne cesse de lui échapper en dépit de tous ses efforts pour la fixer sur le papier.

Extrait:

"Je touche le parapet de pierre blanche, je m’y tiens. Il m’arrive à la taille. Je me plonge dans la contemplation de l’océan. A croire que je suis venu pour ça. Mais c’est que toute la lumière est là, liquéfiée. Un infini de lumière et il déroule ses lourds plis brillants, ne cesse de se mouvoir, de se rapprocher sans jamais arriver. Médusé par ce spectacle Il était partagé entre ce qu’il voyait dehors, cette lumière, cette malédiction, et ce qu’il voyait en dedans, le même lumière, la même malédiction, je reste là. Malgré moi pourtant mes yeux se mettent à chercher, à fureter, vont d’un coin à un autre, entreprennent ce pour quoi je suis de retour en ces lieux. Et que fait l’océan pendant ce temps, il joue. Je le considère, intrigué mais à moitié seulement, étonné mais seulement à moitié : à quel jeu joue-t-il?Il appelle, dirait-on, n’en finit pas d’appeler. Qui pourrait-il appeler, ou quoi?Attirer l’attention, c’est ce qu’il veut? Il fixe sur moi des yeux presque humains, des yeux par milliers, il en est couvert, je ne me vois pas scruté par cette folle quantité d’yeux épars. Ou il essaye de calmer, d’endormir en lui quelque chose qui le travaille et il laisse aller ses regards dans tous les sens, c’est ça, une chose qui demeurera toujours inconnue de nous." (pp. 13-14)

"Les Terrasses d’Orsol" constitue le premier volet d’une trilogie nordique qui fut inspirée à Mohammed Dib par plusieurs longs séjours en Finlande, et qui se poursuit avec "Le Sommeil d’Eve" et "Neiges de marbre". Vous trouverez également, dans mon chapeau, un billet consacré au "coeur insulaire"

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02 décembre 2009

Un jardin, un jour en juin

"För trött att sova börjar han bygga en trädgård
eller närmast en ensam park och väljer en dag i juni
Där placerar han fyra vita gammaldags rottingstolar.
Han kallar på de innenboende och de kommer i ljusa kläder,
samlas kring bordet där lampan tänds och skymningen dröjer.
Där är barn som springer omkring och försvinner.
De aldre
lutar sig mot varandra, han hör inte vad de säger.
Så länge han ser dem lever de ännu när mörkret faller,
lätt, som det brukar i juni, tills ett stråkdrag av kyla
driver dem in i trappans mörker och parken åter är tyst.
Det som var och är efterlangtat fanns där och finns:
lampan lyser på bordet när han om morgonen vaknar."

"Trop fatigué pour dormir, il se met à bâtir un jardin
ou plutôt un parc solitaire, et choisit un jour en juin.
Il y place quatre chaises en rotin blanc à l'ancienne.
Il appelle les habitants qui s'avancent en habits clairs, s'assemblent
autour de la table, où la lampe est allumée et où le crépuscule
s'attarde. Des enfants courent autour et disparaissent.
Les aînés,
dont il n'entend pas les propos, se penchent les uns contre les autres.
Aussi longtemps qu'il les voit, ils vivent encore lorsque l'obscurité tombe,
légère, comme toujours en juin, jusqu'à ce qu'un coup d'archet de froid
les conduise au coeur des ombres de l'escalier et que le parc devienne
silencieux. Ce qui fut et qu'on regrette était là et s'y trouve encore:
la lampe brille sur la table quand, le matin, il s'éveille."

Bo Carpelan, "Dehors", Arfuyen, 2007, pp. 36-37 (traduit du Suédois par Pierre Grouix)

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