"Les langues paternelles", dans une mise en scène d'Antoine Laubin,
avec Hervé Piron, Vincent Sornaga et Renaud Van Camp

Grand Manège, Namur, le 28 avril 2012

Parce qu'il apprend la mort de son père le jour-même où il avait emmené ses enfants visiter le futuroscope de Poitiers, l'esprit de David part en vrille entre règlement de comptes et réflexion sur la filiation et la paternité. C'est que le paternel défunt n'était pas un cadeau, qui avait fuit le domicile familial où il revenait pourtant souvent, prendre un repas à défaut d'autre chose... Et c'est que les enfants non plus ne sont pas faciles tous les jours, avec cette irritante manie de ne pas lâcher une question avant d'y avoir reçu une réponse satisfaisante.

L'art difficile d'être fils et père aurait pu sans doute se parer de tous les attraits d'une expérience universelle. Mais il n'en est rien ici, tant les langues paternelles restent au niveau étroit d'un individu, David Serge (alias Daniel Schneidermann) dont Antoine Laubin et Thomas Depryck adaptaient le roman éponyme. Ni l'inventivité de la mise en scène, ni l'engagement sincère des trois comédiens n'y changeront rien: au piège de l'incommunicabilité dont elles faisaient leur pain béni, ces "langues paternelles" n'offriront qu'une conclusion en demi-teintes à une saison théâtrale qu'auront marquée avant tout la poésie comme miraculeuse du "Kiss and cry" de Jaco Van Dormael et Michèle-Anne De Mey, et une magnifique interprétation de "Soudain, l'été dernier" portée par une frémissante Magali Pinglault.

Présentation du spectacle sur le site du Théâtre Royal de Namur